MAINTENIR LES FILLES À L’ÉCOLE : DES SOLUTIONS LOCALES FAVORISENT UN CHANGEMENT DURABLE EN ÉTHIOPIE

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Girls receive hands-on training in producing reusable sanitary pads, helping them stay in school and gain practical skills for their future.

IRC team posing for a photo during the IGNITE inception workshop

À Hawassa, en Éthiopie, la persévérance scolaire se heurte à une combinaison d’obstacles qui se renforcent mutuellement. Avant le lancement du projet, « les filles étaient confrontées à plusieurs obstacles : l’hygiène menstruelle, la charge de travail domestique, le risque de violence, de faibles résultats scolaires et un manque de confiance en elles », explique Meaza Woubishet, directrice générale de Joy Development Organization.

Avec le soutien du consortium IGNITE, Joy Development Organization (JDO) a dévelopé une approche visant à relever ces défis de manière globale. « Les difficultés rencontrées par les filles en matière d’éducation sont étroitement liées , et s’attaquer à un seul aspect ne permettait pas d’apporter un changement durable », souligne-t-elle. « Nous avons donc combiné un accompagnement à l’hygiène menstruelle avec des cours de soutien scolaire, de la prévention de la violence basée sur le genre et de l’apprentissage de techniques d’autodéfense afin d’autonomiser les filles de manière globale. »

 

Une approche globale de l’absentéisme chez les filles

30 enseignant.e.s ont été formé.e.s à des approches inclusives, ce qui a transformé le fonctionnement des classes. 300 filles ont bénéficié d’un soutien scolairequi a amélioré à la fois leurs résultats et leur confiance en elles. Grâce à un accompagnement ciblé en matière de santé menstruelle, notamment par la formation des enseignants à la fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables, les obstacles à la fréquentation scolaire, qui avaient longtemps été considérés comme normaux, ont commencé à disparaître.

L’impact a été immédiat et visible. « Les filles qui étaient souvent absentes en raison de leurs règles et de leurs responsabilités domestiques ont commencé à fréquenter l’école plus régulièrement », note Mme Woubishet. « Le soutien scolaire a également aidé les filles en difficulté à améliorer leur participation en classe. » Le projet a surtout transformé la perception que les filles avaient d’elles-mêmes. Une confiance accrue, une participation plus forte et un sentiment d’appartenance ont commencé à remplacer le désengagement et le silence.

Le changement ne s’est pas limité aux élèves. « Les établissements scolaires et les acteurs du secteur de l’éducation reconnaissent de plus en plus la nécessité de s’attaquer aux obstacles d’ordre pratique, social et liés à la protection », explique la responsable de JDO.

L’un des tournants les plus importants s’est produit lorsque le département de l’Éducation de la ville d’Hawassa a reconnu l’intérêt de l’une des solutions les plus concrètes du projet : former des enseignant.e.s à la fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables au sein même des établissements scolaires. « Cela a constitué une reconnaissance forte du fait que les serviettes hygiéniques réutilisables produites localement peuvent améliorer l’assiduité scolaire des filles et constituer une solution durable et être intégrée au système éducatif, » s’est félicitée Meaza Woubishet.

Ce qui avait commencé comme une intervention ciblée auprès de 15 enseignant.e.s bénévoles dans neuf écoles a démontré son impact, non seulement en réduisant l’absentéisme chez les filles, mais aussi en proposant une solution durable et adaptable au contexte local.

 

Les bases d’un changement durable

En avril 2026, le département de l’Éducation de la ville d’Hawassa a officiellement intégré ce cours au programme scolaire. Cela a marqué un tournant du projet, faisant passer l’initiative du stade pilote à celui d’un changement systémique. En intégrant une solution testée localement au sein du système éducatif public, la ville garantit désormais la pérennisation de cette approche et son déploiement à plus grande échelle dans les institutions locales.

Le soutien d’IGNITE a joué un rôle essentiel dans la mise en œuvre de ce processus. « IGNITE a renforcé notre capacité à exploiter les données issues de la recherche, à tester des solutions concrètes et à transformer ces conclusions en actions qui soutiennent directement l’éducation et l’inclusion des filles », explique Mme Woubishet.

 Les résultats obtenus à ce jour sont encourageants et la vision à long terme est encore plus ambitieuse. Si elle est étendue, cette approche pourrait redéfinir le parcours scolaire de milliers de filles. « Nous nous attendons à une amélioration de l’assiduité, de la persévérance scolaire, de la confiance en soi et des résultats scolaires, et davantage de filles mèneront leur scolarité à son terme dans un environnement sûr et favorable. »

Pour y parvenir, des efforts continus seront nécessaires : des ressources durables, des  éducateur.rice.s s formé.es et un engagement communautaire plus profond. Les bases sont déjà en place. « Chaque fille mérite d’avoir la possibilité d’apprendre, de se sentir en sécurité et de réussir », affirme Mme Woubishet, « et éliminer les obstacles est la première étape vers la réalisation de cet avenir. »

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